Migrer en Finlande avec un enfant …
À travers une série de deux entretiens avec des familles finlandaises, des chercheurs ont identifié trois thématiques sur l’expérience des mères migrantes dans leur contact avec les femmes finlandaises : avoir un enfant rend les femmes migrantes plus visibles du reste de la population, les amène à recherche un contact harmonieux et à anticiper les problèmes liés au groupe local. L’enfant est une opportunité pour la mère de créer des contacts avec des membres d’autres groupes ethniques.
Source : https://jspp.psychopen.eu/index.php/jspp/article/view/7477
… mais pas sur les aires de jeu
D’un autre côté, une recherche (toujours en finlande) ethnographique sur l’usage des aires de jeu montre que si des familles de plusieurs ethnies l’utilisent, il n’y a que peu de contacts inter-ethnies entre les mères (donc entre les enfants). S’il y a bien un contact de surface, il est illusoire et en réalité il est bien plus difficile de créer du lien.
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/01902725221116632
La phase du “peut-être”
Les enfants de trois ans n’ont qu’une représentation minimale du concept de “peut-être”.
On propose à des enfants de trois ans de jouer à un jeu “à prendre ou à laisser”. À gauche, une boîte avec un prix dedans. À droite, deux boîtes dont une seule contient un prix. On demande aux enfants s’ils préfèrent ouvrir la boite de gauche ou la boite de droite.
Rationnellement, on devrait toujours ouvrir la boite de gauche car on est sûr d’avoir le gain. Pourtant, les enfants de 3 ans ouvrent autant les boites de gauche que de droite.
Il comprennent bien la question car quand on leur demande d’enlever une boite, ils enlèvent presque toujours une des deux boites de droite (donc ils savent qu’il y a une boite vide à droite). Alors, pourquoi est ce qu’ils choisissent aléatoirement entre la gauche et la droite ? Car ils ne pensent pas qu’ils pourraient ne pas avoir le prix à droite. Ils n’ont pas encore acquis le concept du “peut-être”.
Source: https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2207499119
Le congé paternité pas si évident
Une étude sur 10 000 naissances en france indique que le fait que les pères prennent 2 semaines de congé parental (au lieu de 3 jours) réduit légèrement les risques de dépression du post-partum chez le père… mais augmente (légèrement également) les risques de dépression post-partum chez la mère.
Les raisons ne sont pas évidentes et nécessitent plus de travaux de recherche.
Source: https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(22)00288-2/fulltext
Maltraitance parentale et troubles psychologiques
Une méta-analyse s’intéresse à la question : Est ce que des mauvais traitements parentaux provoquent des troubles psychologiques ?
La maltraitance étant définie comme étant : avoir vécu avant 18 ans des abus physiques, abus sexuels, abus émotionnels, négligence physique, émotionnelle, négligence institutionnelle/privation, discipline physique sévère ou peine corporelle.
La méta-analyse a regroupée 34 études sur 54 000 participants. La réponse m’a assez surpris : la maltraitance parentale n’a qu’un effet assez faible sur le risques de troubles psychologiques, au moment des maltraitantes ou plus tard dans la vie. Les risques de troubles psychologiques ne sont pas en lien direct avec de la maltraitance parentale, mais un mélange de facteurs de risques génétiques et environnementaux, dont les maltraitances font parties.
Cependant, tous les typtes de maltraitances n’ont pas les mêmes risques d’amener des troubles psychologiques. Les types de maltraitances qui provoquent les troubles les plus importants sont la violence psychologique et la négligence institutionnelle, qui impactent l’ensemble des troubles psychologiques (dépression, anxiété, idées suicidaires, TDAH, autisme, addiction à l’alcool ou à d’autres subtances etc…).
Ici est reporté la taille d'effet des maltraitances infantiles sur la santé mentale selon le type de trouble. 0 signifie pas d'effet, un effet est considéré comme faible a partir de 0.30 et moyen à partir de 0.50.
Ici est reporté l'effet du type de maltraitance sur la santé mentale, 0.30 étant considéré comme un effet faible, 0.50 comme un effet moyen.
Source: https://ajp.psychiatryonline.org/doi/10.1176/appi.ajp.20220174
Pourquoi les mauvais traitements infligés aux enfants augmente les risques psychiatriques ?
Dans certains modèles de recherches, la maltraitance provoquerait des altérations neurocognitives qui rendrait plus à risque de développer un trouble psychiatrique. On a pu voir juste au dessus que ce lien de cause à effet était faible, et qu’il faudrait plutôt investiguer le contexte environnemental de la maltraitance. Une nouvelle recherche propose un modèle social à “médiation neurocognitive” : ce qui augmente les risques psychiatriques est un mélange entre les différentes influences sociales protectrices ou non face à la maladaptation neurocognitive suivant les mauvais traitements.
Vous allez me dire “rien de nouveau, on sait qu’il faut protéger les enfants victimes de maltraitance”. La nouveauté réside surtout dans l’intégration en un seul modèle de la médiation entre les facteurs internes, neurocognitifs, et externes, sociaux, qui permettra aux chercheurs d’établir de nouvelles modélisations lorsqu’ils voudront investiguer le lien entre maltraitance et risques psychiatriques.
https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(22)00202-4
Redéfinir le “Mommy brain”
Plus de 80% des jeunes mamans disent avoir une mémoire “embrumée” avec des difficultés à se souvenir. Pourtant, les tests objectifs de mémoire n’indiquent aucune différence entre les jeunes mamans et les autres femmes du même âge. Pourquoi ? cela peut être dû non pas à un déficit de la mémoire des femmes avec un jeune enfant, mais à une pression mise sur les jeunes mamans à ne rien oublier, plus importante que chez les autres femmes. C’est donc un effet de pression sociale qui impacte négativement les jeunes mamans.
D’un autre côté, la maternité affecte positivement la mémoire long-terme. Les femmes ayant eu un enfant on une mémoire à long terme légèrement meilleure que les autres (probablement parce qu’elles l’utilisent plus).
Il est donc temps de redéfinir le mommy brain. Le mommy brain n’est pas lié à un déficit. C’est une réorganisation mentale, hormonale et biologique du cerveau féminin pour accueillir l’enfant (qui existe également, dans une moindre mesure, chez le père). Le mommy brain n’est pas un déficit, c’est une adaptation.
https://jamanetwork.com/journals/jamaneurology/article-abstract/2801288
Sa majesté des mouches
Une étude sur des enfants de 5 à 10 ans indique que les enfants attribuent des préférences aux groupes selon des choix “ce groupe est le préféré de tous, ce groupe est le moins aimé de tous” et utilisent cette préférence pour en induire une hiérarchie sociale : le groupe préféré est celui des leaders, le groupe le moins préféré est celui des aidants.
Dès 5 ans, les enfants ont donc une compréhension relativement fine des conséquences du statut social - indépendament du statut physique, et ont intégré que les individus du statut social plus élevé sont des leaders par rapport aux autres.
https://doi.org/10.1111/desc.13366
Le biais de l’homme
Dès 4 ans, les enfants ont plus tendance à associer des images de visages à des hommes plutôt qu’à des femmes.
les images montrés aux enfants. Aucun n'a fait de cauchemar semble-t-il.
Source: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S001002772300032X
La question des abonnés
Faudrait que je renomme ce paragraphe “en vrac” ou un truc comme ça. Je suis ouvert aux suggestions.
J’écoutais cette après-midi un podcast de jeu vidéo et l’invitée était Coralie Maurin, scénariste de The wreck. J’ai déjà parlé de ce jeu sur instagram mais quand j’ai entendu que leur objectif de vente était de 20 000 et qu’ils n’avaient vendus que 2000 jeux, mon petit coeur s’est serré et j’ai décidé d’user de mon pouvoir d’influence pour vous donner envie d’y jouer.
Parce que je pourrais vous dire que CanardPC l’a noté 9/10 comme étant l’un des meilleurs jeux de l’année, que c’est fait par le même studio qu’enterre moi mon amour, un remarquable jeu où on discute avec un réfugié syrien qui tente de survivre, où que le jeu est incroyablement beau pour une équipe si petite, mais la vérité c’est que si j’ai autant envie de vous en parler, c’est que c’est un jeu qui m’a bouleversé.
Le tout début de l’histoire est une femme qui apprend à l’hôpital que sa mère est très malade et demande à ce que sa fille prenne les décisions relatives à ses soins. Elle refuse et prend la voiture. A la suite de cela, on va vite un accident de voiture (the wreck donc) qui va nous renvoyer dans un souvenir. Chaque souvenir permet de mieux comprendre la vie de cette femme que l’on joue, sa relation avec sa mère, sa soeur, son ex-mari, sa propre fille, tandis que chaque scène à l’hôpital permet de savoir ce que cette femme pense, maintenant. C’est donc un jeu sur les (difficiles) relations familiales, la manière de faire face à la mort, les troubles psychologiques, et l’espoir.
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