Utiliser TriNetX pour publier vite - La Haute Autorité de Santé et l’IA générative - Eskétamine intranasale dans la dépression résistante au traitement - D'où vient l'obésité ? - Moins de téléphone en classe pour plus de concentration ? - Près d’un adulte sur deux vivant avec un TDAH présenterait des traits autistiques selon une étude récente


Le site s’appelle TriNetX et propose des données sur plus de 300 million de patients aux USA et dans le monde.
De nombreux organismes de recherche aux USA l’utilise pour entrainer les étudiants à la recherche médicale, mais de plus en plus, on observe ces étudiants tenter de publier sur ces données. Le problème ? Ces étudiants ne sont pas correctement formé à l’inférence causale et publient des articles de très mauvaise qualité. Par exemple, dans un journal MDPI, des auteurs indiquent qu’un médicament contre le gain de poids protégerait contre différents types de cancers chez les personnes obèses, sans ce rendre compte que le logiciel ne prend en compte QUE des patients avec un dossier médical et que les chercheurs ont mis dans le groupe contrôle les personnes décédées. Autrement dit, le médicament contre la prise de poids protège des cancers que chez des personnes qui se soignent et qui ne meurent pas d'autre chose.
De plus, de nombreux auteurs demandent à des LLMs de faire les analyses et d’écrire les articles à leur place. Par exemple, en utilisant une analyse impossible à faire avec la plateforme, mais proposé par ChatGPT, Wang a découvert au moins 13 articles publiés avec cette méthode. Ce sont donc des articles entièrement rédigés par ChatGPT.
En 2025, on compte plus de 2500 articles sur TriNetX, pour 47 en 2021. Il est pour l’instant impossible de savoir combien d’entre eux sont totalement faux, mais l’arrivée en masse de ces publications risque de transformer (et pas dans le bon sens) l’environnement de recherche sur la santé
Ce 18 juin, la HAS a publié ses guides pour utiliser “correctement” l’IA générative en tant qu’usager.
L’idée est de dire que si les personnes l’utilisent, l’objectif n’est pas de chercher à les empêcher, mais de tenter d’améliorer leur utilisation. Pas de surprise, le document met en garde contre le fait de donner des informations personnelles à des plateformes gratuites, indique de faire attention à “comment” formuler des questions et se méfier de la fiabilité des réponses.
À retrouver ici : https://www.has-sante.fr/jcms/p_4023307/fr/intelligence-artificielle-en-sante-bien-l-utiliser-et-bien-se-proteger
Une nouvelle étude indique que la kétamine intranasale (prise par le nez) est associée à des améliorations sur l’échelle MADRS mesurant les symptômes de dépression, chez des patients résistants au traitement. De plus, cela fonctionnait aussi bien chez des patients ayant, en plus de la dépression, un trouble de la personnalité limite (borderline).
Le “est associé” est assez intéressant : il donne l’impression que l’eskétamine aurait pu être utile chez les patients alors que rien ne l’indique.
En effet, cette étude n’a pas comparé l’eskétamine à un placebo ou à un groupe contrôle sans eskétamine : tous les participants ont reçu le traitement. Observer une amélioration après le début d’un traitement ne permet donc pas de déterminer si celle-ci est due au médicament, à la régression à la moyenne, aux attentes liées au traitement, au suivi médical renforcé, ou à d’autres changements intervenus pendant la période d’étude.
De plus, les participants pouvaient continuer d’autres traitements (antidépresseurs, psychotropes, psychothérapie), et ces interventions n’étaient pas standardisées. Il est donc impossible d’isoler l’effet spécifique de l’eskétamine.
Pourtant, les auteurs n’ont pas peur de conclure : “Les résultats suggèrent que l’eskétamine par voie intranasale est efficace dans le traitement de la dépression résistante chez les patients présentant des diagnostics complexes. La présence d’un trouble borderline comorbide n’était pas associée à de moins bons résultats à six mois et était associée à une cinétique de réponse plus rapide. Ces résultats soutiennent une approche pragmatique dans laquelle le statut du trouble borderline détermine l’intensité du suivi et des soins intégrés, plutôt que de restreindre l’accès aux soins.”
Alors qu’une conclusion correcte aurait été “dans cette cohorte de patients recevant de l’eskétamine, une amélioration des symptômes a été observée sur six mois sans que l’on puisse savoir si l’amélioration vient de l’eskétamine”.
Pré-enregistrement: Non
Données libres: Non
Mazzoni, F., Raffone, F., De Ciechi, A., Girone, N., Macellaro, M., Martinotti, G., Dell’Osso, B., Martiadis, V., & Olivola, M. (2026). Intranasal esketamine in treatment-resistant depression with and without comorbid borderline personality disorder: A multicenter real-world longitudinal study. Psychiatry Research, 364, 117288. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2026.117288
Selon une étude sur plusieurs milliers d’adultes dans le monde entier, avec des styles de vie, types d’économie et IMC, l'obésité vient majoritairement la nourriture. L'activité sportive, le sommeil et le travail jouent très peu sur le poids, c’est surtout le taux de nourriture ultra-transformée disponible pour la population qui augmente le pourcentage de gras corporel.
Pré-enregistrement: Non
Données libres: base de données internationale
McGrosky, A., Luke, A., Arab, L., Bedu-Addo, K., Bonomi, A. G., Bovet, P., Brage, S., Buchowski, M. S., Butte, N., Camps, S. G., Casper, R., Cummings, D. K., Krupa Das, S., Deb, S., Dugas, L. R., Ekelund, U., Forrester, T., Fudge, B. W., Gillingham, M., … Willett, W. C. (2025). Energy expenditure and obesity across the economic spectrum. Proceedings of the National Academy of Sciences, 122(29). https://doi.org/10.1073/pnas.2420902122
De plus en plus d’écoles, en France et ailleurs, interdisent les smartphone en cours. Mais est-ce efficace ?
Un essai contrôlé randomisé sur près de 17 000 élèves, indique que le fait d’interdire les téléphones en classe entraînait une amélioration des notes, en particulier chez les élèves moins performants, ceux de première année et ceux qui ne suivent pas de cursus scientifique, avec un effet moyen assez faible.
Mais ce n’est pas tout. Les élèves soumis à l'interdiction étaient nettement plus favorables aux restrictions d'utilisation des téléphones, percevant les avantages de ces politiques.
On constate donc un cercle vertueux : les élèves apprécient l’interdiction et ça entraîne des meilleures notes, ce qui augmente l’appréciation de l’interdiction.
Aucun changement significatif n'a été observé dans le bien-être général des élèves, leur motivation scolaire, leur utilisation du numérique ou leurs expériences de harcèlement en ligne.
Plus anecdotiques, les chercheurs ont effectué des contrôles aléatoires dans les salles de classe et indiquent une diminution des cas de bavardages et de comportements perturbateurs chez les élèves. Les élèves semblaient plus distraits, peut-être en raison de l'abandon de leur habitude de consulter leur téléphone, mais sans avoir l’impression d’être plus distraits.
Pré-enregistrement: Oui
Données libres: Non
Sungu, Alp and Choudhury, Pradeep Kumar and Bjerre-Nielsen, Andreas, Removing Phones from Classrooms Improves Academic Performance (July 25, 2025). Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=5370727 or http://dx.doi.org/10.2139/ssrn.5370727
“Je déteste le dire mais je pense que la majorité, si ce n’est tous mes followers peuvent être remplacés par de l’IA d’ici 12-18 mois.”
C’est le titre d’un article de Doctissimo : https://www.instagram.com/p/DZrRicMCfu6/ et pour ne pas me faire accuser de dire du mal de doctissimo, l’article a aussi été relayé par “filtre” : https://www.instagram.com/p/DZF9r0UDdnV/
En premier, la source est “Adamis et al., European Psychiatry, 2025” ce qui est très léger. Néanmoins, sur Google on s’en sort pour le retrouver : https://doi.org/10.1017/ipm.2025.10090
On y apprend donc que l’étude est faite sur 165 participants, avec le questionnaire AQ-10. C’est un questionnaire en 10 questions, autorapporté, et est un questionnaire de dépistage et non de diagnostic. Autrement dit, c’est un questionnaire fait pour éviter de manquer des patients avec des symptômes faibles et va donc automatiquement augmenter le nombre de positifs.
Si 44% des participants ont eu un score supérieur à 6/10, pouvant indiquer des traits autistiques. Cependant, ces chiffres sont largement surévalués pour au moins deux raisons.
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